Le Mimosa, une histoire en or

  • Le travail du mimosa
  • Le mimosa
Originaire d’Australie, le mimosa a été introduit en Europe au 19ème siècle par les hivernants anglais. Lors de leurs voyages, les botanistes et scientifiques ramenèrent diverses espèces d’arbres et de fleurs de cette contrée encore inexplorée, dont le fameux mimosa.

Une Nouvelle Terre d'Election pour le Mimosa

Le 1er Acacia Dealbata aurait été planté à la fin du 19ème siècle dans les jardins du château de Cannes La Bocca, par l’horticulteur Gilbert Nabonnand. Cet arbre ne tardera pas à apporter une touche d’exotisme aux luxueuses résidences que les riches hivernants érigent sur la Côte d’Azur en cette fin de siècle. La nature du sol et les conditions climatiques ont permis au mimosa de s’acclimater merveilleusement. Etant très prolifique, il va bien vite envahir nos collines de Mandelieu, du Tanneron et de la Croix des Gardes. Les 1ers mimosas implantés à Capitou le furent sous l’égide de Gilbert Nabonnant et de son fils, Clément. Célèbre botaniste et chercheur, Gilbert était toujours à la recherche de nouvelles espèces à cultiver. Lorsqu’un de ses amis lui ramène d’Australie l’un de ces précieux specimen, il ne tardera pas à organiser l’importation d’une centaine d’exemplaires. A cette même époque, c’est toute la haute société qui va venir s’installer sur la Côte d’Azur. Les célèbres hivernants tels que Lord Brougham ou le Duc de Vallombrosa vont solliciter Nabonnand pour la création des parcs et jardins qui orneront leurs grandes propriétés. Il restera à vocation ornementale durant plusieurs années, jusqu’à ce qu’il commence à s’évader des luxueux jardins pour prendre tranquillement sa place sur les pentes des collines environnantes. Les jardiniers comprendront vite qu’ils peuvent tirer profit de la fleur odorante pour la revendre aux parfumeurs grassois.

Un Essor Economique grâce au Mimosa

Clément Nabonnand s’installe à Capitou où il organise la culture intensive de la fleur et crée de nouvelles variétés. Les producteurs locaux qui, jusqu’à présent, cultivaient les plantes à parfum pour Grasse (rose, jasmin…) vont se convertir au mimosa et les premières plantations à caractère commerciales vont naitre. Les forceries vont aussi voir le jour, avec la méthode du « forçage » qui va révolutionner la culture du mimosa. Les mimosistes vont se multiplier et au début du 20ème siècle on comptait 80 exploitants, presque tous à Capitou. Le mimosa étaient quant à lui expédié aux 4 coins du monde. Malheureusement, tout va s’arrêter à la Première Guerre Mondiale, alors que les mimosistes seront mobilisés... Dans les années 20, la production reprend de plus belle. Les marchés se développent et des wagons entiers de mimosa quittaient tous les jours la gare de La Napoule pour le nord de la France et pour l’étranger. En février 1929, une période de gel allant jusqu’à -9C° anéantit les plantations. Les mimosistes ne baissent pas les bras et replantent le tout. Deux ans plus tard, grâce au mimosa sauvage qui a refleuri, on fête le renouveau des cultures… et la 1ere fête du Mimosa est créée ! Hélas, la Seconde Guerre Mondiale, les maladies, les nouveaux gels et incendies vont à de nombreuses reprises détruire les plantations et obliger les horticulteurs à repartir de zéro. Beaucoup finiront par abandonner. De nos jours, 4 familles poursuivent malgré tout leur exploitation à Capitou : Les Cometti, Oggero, Pelazza et Courrin.
Nous avons parfois tendance à l’oublier, mais le quartier de Capitou ne fut pas seulement réputé pour le mimosa... il le fut aussi pour ses vanniers. L’activité de la vannerie a connu une activité intense, des années 1900 à 1950. Pour acheminer les bouquets de mimosa, les mimosistes demandaient aux vanniers de créer des paniers en cannes et osier. La demande des producteurs devint si forte que plusieurs vanniers décidèrent de s’installer à Mandelieu, et plus particulières à Capitou. La création d’une halte ferroviaire à La Napoule en 1889 a en effet facilité la commercialisation de la fleur qui devint le symbole de la ville de Mandelieu-La Napoule. Le mimosa et les vanniers ont donc largement contribué au développement économique local. La fleur est ainsi fêtée chaque année, avec une Fête du Mimosa qui n’a cessé de prendre de l’envergure et qui connait, chaque année, un vif succès.